Une certaine idée du chef : pourquoi le leadership manquera toujours
Peu de mots sont aussi sollicités et aussi vides que celui de leadership. Les écoles de commerce en ont fait une industrie, les sciences sociales une querelle interminable, le sens commun un brouillard. On a successivement cherché le chef dans ses traits (la théorie des grands hommes), puis dans les situations qui le révèlent (les approches contingentes), puis dans la relation qu'il noue avec ceux qui le suivent (les modèles transformationnels ou serviteurs), sans jamais parvenir à une définition consensuelle. Des centaines de définitions coexistent, parfois contradictoires, et leur seule constante est de ne pas se recouvrir. Cette confusion n'est pas un échec de la recherche. Elle est le symptôme d'un objet réellement composite, que l'on a tort de traiter comme une qualité simple alors qu'il est un assemblage instable de qualités hétérogènes. Posons donc, faute de consensus, une définition exigeante. Le leadership est la capacité à identifier les défis d'une ...