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Affichage des articles associés au libellé pouvoir

Une certaine idée du chef : pourquoi le leadership manquera toujours

Peu de mots sont aussi sollicités et aussi vides que celui de leadership. Les écoles de commerce en ont fait une industrie, les sciences sociales une querelle interminable, le sens commun un brouillard. On a successivement cherché le chef dans ses traits (la théorie des grands hommes), puis dans les situations qui le révèlent (les approches contingentes), puis dans la relation qu'il noue avec ceux qui le suivent (les modèles transformationnels ou serviteurs), sans jamais parvenir à une définition consensuelle. Des centaines de définitions coexistent, parfois contradictoires, et leur seule constante est de ne pas se recouvrir. Cette confusion n'est pas un échec de la recherche. Elle est le symptôme d'un objet réellement composite, que l'on a tort de traiter comme une qualité simple alors qu'il est un assemblage instable de qualités hétérogènes. Posons donc, faute de consensus, une définition exigeante. Le leadership est la capacité à identifier les défis d'une ...

La démocratie en péril : le déclin des institutions et la montée des populismes

Les démocraties occidentales traversent  une crise profonde . Les institutions qui ont forgé la prospérité s'effritent, laissant le champ libre aux  sirènes populistes  de tous bords. Comment en sont-elles arrivées là? Acemoglu et Robinson l'ont démontré dans leur ouvrage majeur "Why Nations Fail" : la clé du succès occidental réside dans ses institutions politiques et économiques inclusives. En distribuant largement le pouvoir politique et les opportunités économiques, elles ont créé un cercle vertueux de progrès et d'innovation. La prospérité n'est pas le fruit du hasard, mais celui d'un équilibre subtil entre État et  marché , entre liberté et régulation. Cet équilibre a été rompu par le virage ultra-libéral des années 1980. Sous couvert de libérer les énergies du marché, on a affaibli les contre-pouvoirs et concentré richesses et influence dans les mains d'une  élite qui snobe les frontières nationales  et  les juridictions fiscales . La concentrat...

Rationalité et passions politiques : la technocratie s'oppose t-elle à la démocratie?

L'histoire politique moderne alterne entre d'une part  la défiance des citoyens  envers le système politique partisan et ses représentants (les élus), perçu de plus en plus comme un foyer d'impuissance, notamment face à la mondialisation,  et semblant retrouver des mérites à une technocratie imprégnée du sens du bien public et affranchie des contingences politiciennes, et d'autre part le rejet voire "la révolte démocratique" vis-à-vis des élites technocratiques accusées d'attenter à la démocratie en imposant un ordre échappant au contrôle des instances élues, comme l'a montré récemment  l'exemple du Brexit . Terme aujourd'hui négativement connoté, la technocratie a pourtant émergé comme idée au XIXème siècle avec le positivisme d'Auguste Comte : "la technocratie est un gouvernement scientifique ayant pour objectif l'épanouissement de chaque citoyen". Le terme en lui même est apparu dans les années 1920 et a désigné dans les...