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Affichage des articles associés au libellé vertu

Une certaine idée du chef : pourquoi le leadership manquera toujours

Peu de mots sont aussi sollicités et aussi vides que celui de leadership. Les écoles de commerce en ont fait une industrie, les sciences sociales une querelle interminable, le sens commun un brouillard. On a successivement cherché le chef dans ses traits (la théorie des grands hommes), puis dans les situations qui le révèlent (les approches contingentes), puis dans la relation qu'il noue avec ceux qui le suivent (les modèles transformationnels ou serviteurs), sans jamais parvenir à une définition consensuelle. Des centaines de définitions coexistent, parfois contradictoires, et leur seule constante est de ne pas se recouvrir. Cette confusion n'est pas un échec de la recherche. Elle est le symptôme d'un objet réellement composite, que l'on a tort de traiter comme une qualité simple alors qu'il est un assemblage instable de qualités hétérogènes. Posons donc, faute de consensus, une définition exigeante. Le leadership est la capacité à identifier les défis d'une ...

L’Architecte et le Barbare : le divorce tragique de la compétence et de la vertu

Depuis que l'humain s'est extrait de l'état de nature pour bâtir des cités, une tension fondamentale structure l'ordre social : comment désigner ceux qui doivent mener, et sur quels critères fonder leur légitimité ? Si l'on dépouille les structures de pouvoir de leurs oripeaux hérités, il ne reste que deux piliers sur lesquels repose la valeur d'un individu au sein du corps social : la compétence, cette intelligence opératoire, et la vertu, cette intégrité morale tournée vers le bien commun. La compétence permet d’agir efficacement sur le monde. La vertu détermine dans quel but et avec quelles limites cette puissance sera exercée.  L'histoire des civilisations est le récit de l'oscillation entre ces deux pôles. Lorsque ces deux qualités sont réunies, une civilisation prospère durablement. Lorsqu’elles se dissocient, elle s’expose à la dérive. De nos jours, un constat amer s'impose : nous vivons l'apogée d'une ère où l'efficacité a dévoré ...

Une instruction idéale pour le XXIème siècle

Dans un monde d'une effarante complexité , force est de constater qu'une solide instruction, traditionnellement sanctionnée par un parchemin universitaire, reste considérée comme l'outil le plus sûr pour naviguer le tumultueux océan de la vie, et ses imprévisibles tempêtes. Mais la quête d'un diplôme reconnu, qui relève à mon sens d'abord d'une stratégie individuelle sinon familiale pour la conquête ou la conservation d'une position sociale désirable, ne doit pas être confondue avec la quête de sagesse, dont une définition commune est  la conscience de soi et des autres, la tempérance, la prudence, la sincérité, le discernement et la justice s'appuyant sur un savoir raisonné, bref la conduite de sa vie conformément à une éthique et au questionnement raisonné. D'évidence, ni une solide instruction ni le plus prestigieux des diplômes ne garantissent ni ne sont indispensables si son objectif de vie se résume à la conquête d'une position sociale,...