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Affichage des articles associés au libellé écologie

Quand l’individu-roi détruit le commun

Le libéralisme est né d’un souffle magnifique : celui de l’émancipation. Dans l’Europe des Lumières, il arracha l’individu à la tutelle des rois et des clergés, lui donna droit à la raison, à la parole, à la liberté. Locke, Rousseau, Montesquieu, Kant… tous proclamaient la même foi dans l’autonomie humaine. C’était une révolution spirituelle autant que politique : désormais, l’Homme ne devait obéir qu’à lui-même, ou plus exactement, à sa conscience. Deux siècles plus tard, cette promesse s’est retournée. L’autonomie s’est muée en indépendance radicale, la liberté en culte du « moi ». Tocqueville l’avait pressenti : dans les démocraties modernes, chacun risque de se replier dans sa sphère privée, indifférent au sort collectif. Ce glissement est devenu système. En se mariant au capitalisme consumériste, le libéralisme politique a engendré un individualisme sans frein, où l’émancipation n’est plus un moyen de construire ensemble, mais un droit d’exister seul. Aujourd’hui, « être soi » est...

Les ombres sur l’horizon de l'Humanité : méditations vertigineuses

Il fut un temps où l’Humanité croyait au progrès . Le XXe siècle, malgré ses horreurs, avait laissé entrevoir une trajectoire ascendante : recul de la pauvreté, allongement de la vie, triomphe de la démocratie libérale, promesses de la science. Mais en ce début de XXIe siècle, un malaise sourd habite nombre d’individus.  Il ne s'agit pas seulement de l’angoisse existentielle de l’individu face à sa finitude, ni d’inquiétude passagère, ni même de lassitude chronique, mais d’un désespoir profond, presque métaphysique, que suscite l’état du monde contemporain. Ce désespoir n’est ni fantasme, ni caprice : il repose sur des observations tangibles, objectivables, et sur une lucidité tragique quant aux trajectoires collectives que nous empruntons, parfois à marche forcée, souvent dans une passivité consternante. Nous sommes aujourd’hui confrontés à une série de crises systémiques qui s’autoalimentent. Elles menacent non seulement le confort matériel des sociétés modernes, mais l’habitabi...

Sauver le capitalisme de l'implosion

Le capitalisme, ce logiciel économique du monde depuis des siècles, se trouve, dans sa forme actuelle, à la croisée des chemins, confronté à une crise profonde. Ses fruits, incontestablement nombreux, ne doivent pas nous faire oublier les dysfonctionnements majeurs qui minent son essence et menacent à la fois les équilibres écologiques et la stabilité politique et sociale , partout dans le monde. Depuis les années 1970, la répartition des profits et des revenus a radicalement changé, favorisant une élite techno-financière captant une part toujours croissante de la valeur ajoutée et déconnectée des réalités sociales, au détriment des travailleurs et de la classe moyenne.  La conquête du capitalisme par les profits des actionnaires Dans les premiers jours du capitalisme industriel, les travailleurs n'avaient aucune protection, et les industriels prenaient leurs profits sans égards pour leur force de travail. Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, les entreprises ont adopté un ...