L’empathie et ses frontières : la sélectivité du cœur humain
L’empathie a longtemps été présentée comme le ciment moral de nos sociétés modernes. On l’invoque dans les discours politiques, on la célèbre dans les manuels scolaires, on l’appelle à la rescousse dans les temps de crise, comme si elle était la clé de la paix sociale et de la justice universelle. Mais derrière ce mot si séduisant se cache une réalité plus complexe. L’empathie, loin d’être un sentiment universel et impartial, est profondément sélective, malléable, et, comme le rappelle la neuroscientifique et autrice Samah Karaki dans L’empathie est politique , éminemment… politique. L’empathie, une faculté biaisée Les neurosciences et la psychologie sociale l’ont désormais bien établi : notre empathie n’est pas une lumière qui éclaire tout le monde avec la même intensité. Elle obéit à des circuits neuronaux spécifiques, parfois en compétition avec d’autres réseaux cognitifs, et surtout, elle s’active plus facilement pour les personnes que nous considérons comme proches, semblables, ou...