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Affichage des articles associés au libellé éthique

Une certaine idée du chef : pourquoi le leadership manquera toujours

Peu de mots sont aussi sollicités et aussi vides que celui de leadership. Les écoles de commerce en ont fait une industrie, les sciences sociales une querelle interminable, le sens commun un brouillard. On a successivement cherché le chef dans ses traits (la théorie des grands hommes), puis dans les situations qui le révèlent (les approches contingentes), puis dans la relation qu'il noue avec ceux qui le suivent (les modèles transformationnels ou serviteurs), sans jamais parvenir à une définition consensuelle. Des centaines de définitions coexistent, parfois contradictoires, et leur seule constante est de ne pas se recouvrir. Cette confusion n'est pas un échec de la recherche. Elle est le symptôme d'un objet réellement composite, que l'on a tort de traiter comme une qualité simple alors qu'il est un assemblage instable de qualités hétérogènes. Posons donc, faute de consensus, une définition exigeante. Le leadership est la capacité à identifier les défis d'une ...

L’Architecte et le Barbare : le divorce tragique de la compétence et de la vertu

Depuis que l'humain s'est extrait de l'état de nature pour bâtir des cités, une tension fondamentale structure l'ordre social : comment désigner ceux qui doivent mener, et sur quels critères fonder leur légitimité ? Si l'on dépouille les structures de pouvoir de leurs oripeaux hérités, il ne reste que deux piliers sur lesquels repose la valeur d'un individu au sein du corps social : la compétence, cette intelligence opératoire, et la vertu, cette intégrité morale tournée vers le bien commun. La compétence permet d’agir efficacement sur le monde. La vertu détermine dans quel but et avec quelles limites cette puissance sera exercée.  L'histoire des civilisations est le récit de l'oscillation entre ces deux pôles. Lorsque ces deux qualités sont réunies, une civilisation prospère durablement. Lorsqu’elles se dissocient, elle s’expose à la dérive. De nos jours, un constat amer s'impose : nous vivons l'apogée d'une ère où l'efficacité a dévoré ...

L'Hubris des techno-scientistes, ou le mythe de Titan des temps modernes

La civilisation Occidentale, a longtemps célébré la tempérance, l’humilité et la modération des désirs comme vertus cardinales, héritées directement de la pensée grecque antique.  L'acceptation des limites humaines au cœur de la sagesse antique Platon, dans La République, plaçait la tempérance (sophrosyne) parmi les trois vertus cardinales avec le courage et la justice. Pour le philosophe, la tempérance consistait à "être maître de soi-même" et à "commander à ses plaisirs et à ses désirs". De même, Aristote faisait de la modération (métriotès) une vertu essentielle, soulignant que l'excès était l'ennemi du bonheur et de l'épanouissement de l'individu. Cette sagesse antique reposait sur la conviction que l'homme ne pouvait atteindre la plénitude et la félicité qu'en sachant se contenir, en acceptant les limites inhérentes à sa condition. Comme l'écrivait le poète Pindare, "ne cherche pas, mon âme, à vivre la vie des immortels ; il...

Le marché : une institution amorale ?

Une des plus anciennes controverses en matière de philosophie politique porte sur un attribut essentiel du Marché : le fait ou non d'être circonscrit dans la sphère morale des comportements humains. Cette question en apparence "métaphysique" a des implications extrêmement importantes non seulement dans le champ de la philosophie politique mais de façon bien plus terre à terre dans les théories économiques et les programmes politiques qui en définitive régissent de très nombreux aspects de nos vies (activité économique, travail, justice..). Elle mérite par conséquent qu'on s'y attarde d'autant plus que la crise économique et financière mondiale de 2008 l'a portée au cœur du débat politique. Pour poser correctement les termes du débat tel qu'il se présente dans les cénacles politiques depuis la crise de 2008, il est nécessaire de faire une brève rétrospective historique de la pensée libérale. Si le libéralisme économique est le courant de pensée écon...

Billet inaugural

Encore un blog me diriez-vous? que peut-il bien apporter de neuf ou d'original dans une blogosphère saturée ? Rien de fondamentalement original. Comme son nom ne l'indique pas forcément, ce blog se veut le réceptacle des cogitations d'un contemplatif, et un support -je l'espère- à des échanges d'idées, sur des thèmes, problématiques, questions et faits d'actualité variés. Voici en vrac quelques uns des thèmes que j'espère (les bonnes résolutions de fin d'année arrivent un peu tôt cette année) avoir le temps de commenter : économie et philosophie politique : histoire des idées, grandes questions, liens avec la situation socio-politique de l'occident ( 1 )( 2 )( 3 )( 4 ) Histoire et perspectives de la mondialisation ( 1 )( 2 ) pour une vie éthique ( 1 )( 2 ), lien entre éthique et religion, différence entre éthique et morale ( 1 ) transition énergétique Le changement climatique l'école  ( 1 )( 2 ) Systèmes politiques, sources de légitimit...