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Affichage des articles associés au libellé Occident

Ibn Khaldoun avait raison : la Chine l'a lu, l'Occident pas

Il y a sept siècles, dans les plaines arides du Maghreb, un lettré tunisien nommé Abd al-Rahman Ibn Khaldoun posait les fondements de ce qui allait devenir, à l'insu de l'Occident pendant des siècles, la première théorie véritablement scientifique de l'histoire des civilisations. Dans sa Muqaddima (Prolégomènes), rédigée en 1377, il forge un concept central : l' Assabiyya , cette énergie collective, cette cohésion sociale irréductible qui permet à un groupe humain de se soulever, de conquérir, de bâtir, et, inéluctablement, de décliner. Sept siècles plus tard, à l'heure où l'Occident digère, non sans vertige, ce que l'on appelle pudiquement « la montée en puissance de la Chine », il m'a semblé que ce concept médiéval offrait une clé de lecture d'une pertinence troublante. Non pour célébrer ni pour condamner, il ne s'agit pas ici de porter un jugement politique sur le régime de Pékin, mais pour comprendre : comment une civilisation que certains i...

L'Histoire jugera : Gaza rasée, l’Occident et les états arabes démasqués

Il fut un temps où l’Occident se voulait porteur d’un message universel. Liberté, égalité, droits de l’Homme : ces mots constituaient une boussole morale, une promesse faite au monde entier. Aujourd’hui, face au drame palestinien , cette promesse s’est muée en trahison. L’Histoire enregistre, et elle jugera. Depuis le 7 octobre 2023, une spirale de violences d’une brutalité inouïe s’est abattue sur Gaza. Ce qui avait commencé comme une riposte israélienne à l'attaque du Hamas s’est transformé en une campagne de destruction totale, documentée jour après jour par les ONG, les travailleurs humanitaires, les journalistes, et des millions de témoins à travers le monde. Or, loin de condamner cette descente aux enfers, les démocraties occidentales l’ont permise, armée, parfois applaudie, trahissant leur propre droit, leurs valeurs, et jusqu’à leur humanité. Gaza, une ville rayée de la carte Rien ne subsiste de Gaza telle qu’elle était. Des quartiers entiers ont été rasés au bulldozer ou p...

Brève histoire universelle de la Démocratie

L'idée reçue selon laquelle la démocratie serait une invention occidentale, une "fleur tardive" éclose dans les jardins de la Grèce antique pour ne s'épanouir pleinement qu'au siècle des Lumières, est une simplification réductrice qui occulte une réalité historique bien plus riche et nuancée.  L'Histoire, éclairée par les apports de l'archéologie, de l'anthropologie, et de la sociologie, révèle que la participation citoyenne à la gouvernance – le cœur même de la démocratie – est une construction humaine ancienne, présente sur plusieurs continents depuis au moins cinq millénaires.  L'Occident n'a pas inventé la démocratie, il en a hérité, la transformant et la diffusant à une échelle inégalée, notamment grâce aux Lumières. Affirmer la singularité occidentale de la démocratie, c'est ignorer un ensemble foisonnant de formes de gouvernance participative, souvent antérieures à la démocratie athénienne.  Ces systèmes, aussi divers soient-ils dans...

L'Hubris des techno-scientistes, ou le mythe de Titan des temps modernes

La civilisation Occidentale, a longtemps célébré la tempérance, l’humilité et la modération des désirs comme vertus cardinales, héritées directement de la pensée grecque antique.  L'acceptation des limites humaines au cœur de la sagesse antique Platon, dans La République, plaçait la tempérance (sophrosyne) parmi les trois vertus cardinales avec le courage et la justice. Pour le philosophe, la tempérance consistait à "être maître de soi-même" et à "commander à ses plaisirs et à ses désirs". De même, Aristote faisait de la modération (métriotès) une vertu essentielle, soulignant que l'excès était l'ennemi du bonheur et de l'épanouissement de l'individu. Cette sagesse antique reposait sur la conviction que l'homme ne pouvait atteindre la plénitude et la félicité qu'en sachant se contenir, en acceptant les limites inhérentes à sa condition. Comme l'écrivait le poète Pindare, "ne cherche pas, mon âme, à vivre la vie des immortels ; il...

Crise multiforme de l'Occident : pas d'autre choix que le sursaut

Dans un contexte mondial profondément transformé, l’Occident, qui s'est pensé et présenté depuis le siècle des Lumières comme le phare ultime d'Humanité , se retrouve à un carrefour inquiétant , confronté à des défis et à des contestations qui touchent à ses fondements intellectuels, politiques, économiques, moraux et démographiques. Alors que les puissances émergentes telle la Chine, la Russie, l'Iran, la Turquie et l'Inde contestent de plus en plus la domination occidentale, on assiste à une lente mais inexorable déliquescence de cet imperium qui a façonné le monde moderne depuis plusieurs siècles. Décrépitude intellectuelle : L'ère de la post-vérité Le discours public occidental a subi une transformation dramatique avec l’avènement de la « post-vérité », un concept qui décrit une époque où les émotions et croyances personnelles prennent le pas sur les faits objectifs. Cette tendance est alimentée par une confiance déclinante dans les institutions politiques, mé...

La Dette oubliée : l'exceptionnelle contribution de la civilisation Arabo-Islamique à l'Occident

Introduction L'Histoire de l'Humanité est tissée de fils complexes, de rencontres et d'échanges entre des cultures et des civilisations distinctes. Comme une rivière, elle coule souvent dans un lit tracé par des récits dominants, occultant ainsi des affluents importants et des sources essentielles. C'est le cas de la civilisation arabo-islamique, dont l'influence profonde sur l'Occident, et en particulier sur la Renaissance européenne, est trop souvent minimisée ou même ignorée. Pendant des siècles, la brillante civilisation arabo-islamique a connu une floraison sans précédent de la connaissance et de l'innovation. Au cours de cette période, les savants arabo-musulmans ont non seulement préservé et traduit les connaissances grecques, indiennes et chinoises, mais aussi les ont enrichies de leurs propres contributions originales, ouvrant ainsi la voie à de nombreuses avancées scientifiques et culturelles qui façonnent notre monde actuel. Il est importa...

Crépuscule de l'Occident ? les échos de l'Histoire

L'Histoire se répète-t-elle ? Telle une mélodie entêtante, le cycle d'émergence, d'apogée, de stagnation et d'effondrement des empires et des civilisations semble rythmer le récit de l'Humanité. De la déliquescence de l'Egypte pharaonique à la fin de l'empire ottoman, en passant par la chute de Rome ou l'effondrement de l'empire Maya, les exemples abondent, révélant des leçons incontournables pour notre temps, pour peu que nous tenions à éviter de reproduire les erreurs du passé. Les Cycles Historiques : d’Ibn Khaldoun à Toynbee Ibn Khaldoun, dans sa Muqaddima (Prolégomènes) , forge le concept de ‘ Asabiyya comme étant ce sentiment d'appartenance collective et de cohésion sociale qui permet à une communauté de prospérer. Ce sentiment, s'il est souvent associé aux masses, est aussi nourri par les élites, qui fédèrent et donnent direction au groupe. La thèse novatrice d'Ibn Khaldoun est que les empires émergent grâce à cette solidarité soci...

La démocratie en péril : le déclin des institutions et la montée des populismes

Les démocraties occidentales traversent  une crise profonde . Les institutions qui ont forgé la prospérité s'effritent, laissant le champ libre aux  sirènes populistes  de tous bords. Comment en sont-elles arrivées là? Acemoglu et Robinson l'ont démontré dans leur ouvrage majeur "Why Nations Fail" : la clé du succès occidental réside dans ses institutions politiques et économiques inclusives. En distribuant largement le pouvoir politique et les opportunités économiques, elles ont créé un cercle vertueux de progrès et d'innovation. La prospérité n'est pas le fruit du hasard, mais celui d'un équilibre subtil entre État et  marché , entre liberté et régulation. Cet équilibre a été rompu par le virage ultra-libéral des années 1980. Sous couvert de libérer les énergies du marché, on a affaibli les contre-pouvoirs et concentré richesses et influence dans les mains d'une  élite qui snobe les frontières nationales  et  les juridictions fiscales . La concentrat...

Le cri étouffé du peuple palestinien

Depuis plus d'un siècle, le peuple palestinien subit une injustice historique perpétrée au nom du sionisme, ce mouvement idéologique visant à créer un foyer national juif en Palestine. Ce qui devait être une solution à l'antisémitisme en Europe s'est tragiquement transformé en un cauchemar sans fin pour les Palestiniens. Revenons aux origines. Après la Première Guerre mondiale et l'effondrement de l'Empire ottoman, la Grande-Bretagne reçut en 1920 un mandat de la Société des Nations pour administrer la Palestine. Dès lors, avec la bénédiction des puissances occidentales, les sionistes encouragèrent massivement l'immigration juive en Palestine. En 1947, faisant fi des protestations arabes, l'ONU vota le plan de partage de ce territoire entre un État juif et un État arabe. C'était le début de la dépossession. En 1948, alors que les Britanniques quittaient la Palestine, les milices sionistes profitèrent du vide pour proclamer unilatéralement la création...