Sortir de la guerre des sexes : pour un retour de la cordialité
Il fut un temps où les batailles féministes avaient la clarté des évidences morales. Obtenir le droit de vote, l'égalité salariale inscrite dans la loi, droit de vote, accès à l’éducation, capacité juridique, autonomie patrimoniale : ces combats s'inscrivaient dans la longue tradition des Lumières, élargir le cercle de l'humanité pleinement reconnue. Simone de Beauvoir, Betty Friedan, Gloria Steinem portaient une exigence d'émancipation dont la légitimité était difficile à contester, même pour leurs adversaires les plus acharnés. Mais quelque chose s'est fracturé. Le féminisme contemporain (celui des campus américains, des départements d' « études de genre », des réseaux sociaux et d'un nombre croissant de cercles médiatiques et institutionnels) ressemble de moins en moins à un mouvement d'émancipation universelle et de plus en plus à une idéologie de ressentiment. Là où ses aînées combattaient pour l'égalité des droits, certaines de ses figures actu...